English
This paper considers the diaspora as a vantage point from which to challenge the traditional opposition between national and regional/local identities. Through a study of the institutional and social organization of the Greek-Orthodox colony in Venice in the early modern period, the paper investigates the ways in which regional belonging informed communal logics in a diaspora context, as well as the ways in which communal governance informed these local identities. The Venetian case therefore invites one to consider the « diaspora experience » as part and parcel of the political and social construction of local identities, in particular through patterns of trans-local mobilization of regional markers. This analysis shall finally allow us to question the situation of the Greek-Orthodox colony in Venice, in face of the emergence, in the middle of the xviiith century, of a « new Greek diaspora », and to offer an alternative model to the implicit assumption of an existing continuity between « the making of the community » and that of the nation.
Mots-clés (en)
Français
Cet article propose de décentrer, à partir de l’observatoire de la diaspora, le regard traditionnellement porté sur la tension entre identités nationales et appartenances locales. L’étude de l’organisation institutionnelle et de la structuration sociale de la colonie grecque-orthodoxe de Venise à l’époque moderne permet de montrer comment la question régionale a pu constituer un enjeu essentiel de la « fabrique communautaire » grecque en diaspora. En particulier, on s’intéressera à la manière dont les institutions de différentes colonies de la diaspora grecque mobilisent et instrumentalisent la question des appartenances régionales, ainsi qu’à la manière dont les mécanismes de la gouvernance communautaire participent en retour de la constitution et de l’expression de ces appartenances. Le cas vénitien invite également à considérer l’expérience diasporique comme partie intégrante de la construction politique et sociale des appartenances locales, notamment à travers l’analyse des formes de mobilisation translocale des identifiants régionaux. À travers cette analyse, il s’agira donc d’interroger la position de la colonie vénitienne face à l’émergence, au milieu du xviiie siècle, d’une « nouvelle diaspora grecque », et de proposer un modèle alternatif au postulat souvent implicite d’une articulation entre « fabrique communautaire » et « fabrique du national ».
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